[FESTIVAL] Récap du Festival Lumière 2025

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Cette année, du 11 au 19 octobre, s’est tenue la 17eme édition du célèbre Festival Lumière à Lyon et dans la métropole lyonnaise. Le cinéma de patrimoine y était mis en avant avec des séances spéciales, des restaurations de copies, des rencontres, des masterclass et également des avant-premières. Il y avait toujours l’immanquable boutique pour trouver des DVD rares, des livres spécialisés et autres précieux souvenirs du festival. Des expositions se sont également tenues dans la ville.

Le Prix Lumière a été remis à Michael Mann pour son œuvre riche, qui a marqué l’histoire du cinéma américain et mondial. Parmi les films qu’il était possible de (re)découvrir : Le Sixième Sens (Manhunter, 1986), Le Dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans, 1992), Heat (1995) ou encore Collatéral (2004) avec Tom Cruise dans le rôle-titre.
Dans un style totalement différent, mais très français, le programme proposait de redécouvrir le talent et l’art de Louis Jouvet. Cet acteur et metteur en scène à la verve habitée a joué dans les célèbres Drôle de drame (1937) et Hôtel du Nord (1938) de Marcel Carné, La Fin du jour de Julien Duvivier (1940)… Chaque année depuis 2013, le festival met aussi en avant une réalisatrice que l’Histoire a oubliée. Pour cette édition, c’est la cinéaste norvégienne Anja Breien qui a été mise en avant. Il était également possible de voir le premier long-métrage d’animation en papier découpé de Lotte Reiniger : Les Aventures du Prince Ahmed (1926).
Parmi les artistes mis en avant, il y avait également le réalisateur américain engagé Martin Ritt, le cinéaste est-allemand Konrad Wolf ou encore les invité-es d’honneur de cette édition : l’acteur américain Sean Penn, l’actrice Natalie Portman ou le cinéaste hongkongais John Woo.
Retrouvez le programme complet ici.

Si vous deviez voir cinq films qui sont passés au Festival pendant cette édition, voici nos conseils :

Les Raisins de la colère — John Ford (1940)
Adapté du roman éponyme du reporter et écrivain John Steinbeck sorti l’année d’avant, il s’agit du premier film de John Ford à traiter d’un sujet contemporain. Pour incarner Tom Joad, un homme qui, après quatre années d’incarcération, revient dans la maison familiale pour la retrouver vide, il choisit son acteur fétiche : Henry Fonda. Le livre et le film sont sujets à controverse et certains États appellent au boycott des œuvres, voire les interdisent. Avec une lumière magnifique, ce récit âpre raconte, presque sous forme documentaire, l’histoire de familles expulsées de leurs terres par les gros propriétaires terriens et devant fuir pour survivre à la famine et à la pauvreté. Sur les routes des États-Unis, ce film sur la Grande Dépression est brutal et essentiel.

Les Fraises sauvages — Ingmar Bergman (1957)
Le festival a décidé de rendre hommage à l’acteur et réalisateur suédois Victor Sjöström. Les Fraises sauvages fut son dernier rôle en tant qu’acteur. Bergman y raconte l’histoire d’Isak Borg (dont les initiales sont les mêmes que celles du réalisateur), un professeur émérite de médecine. Alors qu’il doit se rendre à Lund, il décide de faire le trajet en voiture avec sa belle-fille. Ce parcours lui permettra, entre songes et souvenirs, de réfléchir à sa vie. Véritable film crépusculaire, Les Fraises sauvages parle d’une existence qui s’achève.

Vol au-dessus d’un nid de coucou — Milos Forman (1975)
Film magistral dans lequel l’acteur américain Jack Nicholson montre l’étendue de son talent. Il incarne McMurphy, un homme violent qui se retrouve incarcéré dans un hôpital psychiatrique. Sain parmi les malades, il découvre un monde totalitaire où les patient-es sont maintenu-es dans un état de dépendance à cause de traitements dangereux. Pour son deuxième film américain, Milos Forman adapte le premier roman de Ken Kesey. Une magistrale leçon de cinéma pour ce cinéaste qui a dû fuir la Tchécoslovaquie à la fin des années 60.

Quand Harry rencontre Sally — Rob Reiner (1989)
Comédie romantique par excellence, devenue un classique du genre, Quand Harry rencontre Sally possède toujours ce goût savoureux. Autour des relations femmes-hommes — Harry maintient que l’amitié entre les deux sexes est impossible, tandis que Sally maintient l’inverse —, l’histoire tient sur la longueur. Le temps rapproche ces deux protagonistes avec humour et beaucoup de saveur. Le bonheur de (re)voir ce film tient aussi au duo d’acteur-trices : Meg Ryan et Billy Crystal sont excellents.

Paprika — Satoshi Kon (2006)
Dernier film du réalisateur japonais Satoshi Kon, Paprika est un délire visuel et narratif. Brouillant les pistes entre le rêve et la réalité, l’histoire parle d’un objet, le DC Mini, qui permet de lire les rêves des patient-es pour mieux comprendre leur psyché. Pourtant, quand des prototypes sont volés, la panique s’installe parmi les scientifiques. En effet, utiliser à mauvais escient le DC Mini permet de manipuler les gens, dont les rêves sont envahis afin de les rendre fous. En plus des couleurs vives et des dessins magnifiques, la musique vous emportera au pays des rêves.

Marine Moutot

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