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Kid Koala, turntablist canadien (un DJ qui crée de nouveaux sons), mais aussi auteur de bande dessinée et, depuis peu, réalisateur de film d’animation. Son premier long-métrage, L’Odyssée de Céleste, sort aujourd’hui en salle. Adapté de son roman graphique Space Cadet, le film raconte l’histoire de Céleste qui, avec l’aide de son robot domestique, fait tout pour devenir astronaute.
Sans parole, mais avec une forte présence musicale, il s’agit d’un récit initiatique marquant le passage d’une jeune fille à l’âge adulte. Tout en douceur et en poésie, L’Odyssée de Céleste est à destination des enfants dès 6 ans, et pour les adultes.
Pourquoi voir le film ?
Pour son parcours initiatique, doux et poétique
Nous découvrons la jeune Céleste et son désir de devenir astronaute au fur et à mesure des souvenirs qui reviennent en mémoire au robot familial. Ensemble, iels ont tout partagé : la tristesse du départ et de la disparition de la mère de Céleste, une glace au bord de la plage, des moments de doute, mais aussi le quotidien d’une vie simple. Le film est empreint d’une forme de nostalgie qui le traverse avec bonhomie.
Céleste veut devenir astronaute par passion pour l’immensité de l’univers, mais aussi pour partir sur les traces de sa mère. Un son les relie, et à travers son aventure, nous devinons ce qui a pu arriver à sa mère dans l’espace. La solitude n’est jamais mentionnée, car Céleste se lie d’amitié avec des plantes tout au long du voyage, mais elle est aussi bercée par les souvenirs de son enfance. Le récit accentue également le côté solitaire de la jeune femme, qui trouve son bonheur dans les interactions avec son ami robot et la nature. Elle est connectée à la fois au passé et au présent pour avancer dans la vie.
Pour son adaptation visuelle
Adapté de son roman graphique, le cinéaste a cherché une autre forme d’expression pour raconter cette histoire d’apprentissage de la vie. En effet, si la bande dessinée est en noir et blanc, le dessin ici est très épuré et utilise l’animation 3D pour créer des formes lisses et sans accroche. Tout dans le film invite à une forme de sérénité.


Pour la musique
Comme dans le livre Space Cadet, le long-métrage est sans parole. Les images parlent d’elles-mêmes, mais la musique, par laquelle passent les émotions, est omniprésente. Musicien·ne de formation, Kid Koala a collaboré avec plusieurs de ses artistes préféré·e·s sur L’Odyssée de Céleste : Karen O (Yeah Yeah Yeahs), Mariana “Ladybug” Vieira (Digable Planets) et Emilíana Torrini. Les paroles des chansons permettent de plonger plus en profondeur dans la psyché des personnages et de donner le ton. Ainsi, entre morceaux de jazz originaux et musiques écrites pour des séquences très précises, le film est un concentré d’émotions et de délicatesse.
L’Odyssée de Céleste est une fable burlesque et touchante sur la vie. Chaque personnage évolue l’un sans l’autre, tout en gardant dans son cœur la trace indélébile des souvenirs. Avec douceur, le cinéaste, aidé de sa scénariste Mylène Chollet, montre comment les liens nous font évoluer et grandir.
Pour aller plus loin, je vous conseille :
Les amis robots ne manquent pas au cinéma. Parmi eux comment ne pas citer Le Géant de fer de Brad Bird (1999) et Mon ami robot de Pablo Berger (2023).
Marine Moutot
L’Odyssée de Céleste
Réalisé par Kid Koala
Comédie, Jeune Public, Canada, 1h26
Bac Film
Sorti le 25 mars 2026
À partir de 6 ans
